Le Projet Malgache JP. Hladky

Madagascar est une véritable Ile-Continent située dans l’hémisphère sud, dans l’océan indien, à l’est des côtes Africaines (Photo 1). Sa superficie est de 590 000 km2, un peu plus grande que la France. Elle avait été colonisée par les Français à partir de 1896, rendue à son peuple en 1956, l’indépendance y fut proclamée en 1960. Depuis, Madagascar est une république, avec un régime présidentiel. La capitale est Tananarive (Antananarivo). Les langues officielles sont le Malgache et le Français. Il y avait en 2011 un peu plus de 23 millions d’habitants, avec une espérance de vie dépassant à peine 60 ans. Plus de 50% de la population a moins de 20 ans. Madagascar continue, malgré un développement économique timide ces dernières années, à être un des pays les plus pauvres au monde, 151ème sur 187 pays. Trois quarts de la population Malgache vit sous le seuil de pauvreté. Quelques chiffres (banque mondiale 2011) : le PIB est de 9,94 Mds de $ (France 2778 Mds de $), le PIB par habitant est 467$ (France 35 000 $). Le salaire moyen est de 30 euros environ, la monnaie locale est l’Ariary (1€ = 2774 A).

Avec de tels indices économiques on imagine aisément que les conditions sanitaires de ce pays sont catastrophiques. : la dépense totale de santé par an et par habitant, en 2010, est de 6$ (3974$ en France et 8233$ aux USA). Le minimum requis pour couvrir les frais d’interventions essentielles, incluant la lutte contre le SIDA, est de 30 à 40$ par an et par habitant (données OMS 2004). Dans les quelques hôpitaux et dispensaires de ce pays l’hospitalisation est gratuite, mais tous les frais sont à la charge des familles : repas, médicaments, produits anesthésiants, gants et fils de sutures, désinfectants… Une ordonnance leur est délivrée pour acheter ces produits dans la pharmacie de l’hôpital (photo 2) Les familles se relaient auprès de leurs proches hospitalisés pour effectuer les soins infirmiers quotidiens (toilettes, gavage, surveillance…), ils amènent draps et couvertures (Photo 3).

A Madagascar il n’existe que 2 services civils de neurochirurgie et un militaire (Tananarive et Fianarantsoa). Le plus important est situé à Tananarive, à l’hôpital universitaire Joseph Ravoahangy. 4 ou 5 neurochirurgiens y travaillent, formés, pour la plupart, dans les CHU Français. Leur problème essentiel n’est pas tant leur capacité à opérer, en général ils ont été bien formés, mais surtout le manque de matériel pour opérer leurs patients. En cas de fracture vertébrale, avec ou sans signe neurologique (paraplégie ou tétraplégie), il faut pouvoir fixer la fracture rapidement dans le but de remettre rapidement en charge ces patients et éviter ainsi toutes les complications, que nous connaissons tous, de décubitus : infection, escarres, phlébite, embolie pulmonaire… Beaucoup meurent plus de ces complications que de la fracture elle même. Il s’agit bien souvent de sujets jeunes (accident de vélo ou mobylette, chute, piéton renversé). Le fait d’être opéré permet, pour ceux qui n’ont pas de complication neurologique, d’être levé rapidement. Pour ceux qui ont des troubles neurologiques, leur mobilisation précoce, leur rééducation, les soins de nursing sont plus faciles.

Pour fixer ces fractures il faut bien sur du matériel. Ces implants ne coûtent, pour nous Européens, pas très cher, et de plus il sont pris en charge par l’assurance maladie. Pour un Malgache moyen, il est tout simplement inaccessible, plusieurs mois de salaire pour une seule vis. De telle sorte que ces patients sont rarement opérés.

En octobre dernier, nous avons été, Stéphane Fuentes et moi même, à Tananarive opérer des patients de ce type de pathologie, alors qu’était organisé au même moment leur congrès annuel (photo 4) . Le laboratoire Médicréa, représenté par Christelle Treffort, a donné deux boites d’ancillaire et a laissé de plus un certain nombre d’implants permettant de faire une vingtaine d’intervention.

L’idée, afin d’aider les patients et neurochirurgiens Malgaches, est de réunir les fonds nécessaires, pour acheter des implants et les envoyer directement, sans intermédiaire, dans le service de neurochirurgie à Tananarive. Il n’est pas question d’envoyer d’argent en raison d’une corruption importante, malheureusement très habituelle dans ces pays pauvres. L’envoi peut se faire soit par des personnes se rendant à Madagascar et appartenant à une organisation humanitaire, soit par l’intermédiaire d’une association des pilotes Air France.

Les sommes récoltées, quel qu’en soit le montant, seront déposées sur le compte d’une ONG : solidarité-homéopathie (cf leur site internet : www.solidarité-homeopathie.org) dont nous avons réactivé « la filière Malgache », Kintana Kely, qui existait autrefois et qui signifie petite étoile. Des reçus attestant de ce dépôt seront délivrés.

Une société Américaine, Iron Mountain, dont j’avais pu rencontrer le Directeur France, nous a donné 8000 €. Ceci nous a permis d’acheter, à prix coutants, des implants qui ont été livrés et déjà posés.

La société Française de neurochirurgie, soutient aussi ce projet. Elle va verser la somme de 3000€. De plus, la SFNC a obtenu récemment auprès de la société Sophysa le don de valve de dérivation qui déjà ont été livrées à Tananarive.
Il est prévu enfin une communication sur ce thème à Clermont-Ferrand, en mai 2014.

JP.Hladky (neurochirurgien Nîmes), S.Fuentes (neurochirurgien Marseille), P.Rakotozanany (neurochirurgien Tananarive),
T. Rambolarimanana (neurochirurgien, Nîmes), C.Treffort (laboratoire Médicréa)


Photo N°1

Photo N°2

Photo N°3