Prime d’assurance RCP

Voici le 1° janvier et pour nous neurochirurgiens l’angoisse de la
prime d’assurance RCP. Serons-nous encore assurés cette année
et pour quelle somme ? Que cachent ces augmentations
itératives ? Que pouvons nous faire pour améliorer cette situation
qui semble totalement échapper aux chirurgiens lesquels sont
pourtant en première ligne face aux patients et face aux
assurances ? Comment retrouver une tranquillité d’esprit ?
Une mise en cause est toujours pour le praticien une épreuve
difficile surtout sur le plan psychologique. C’est un échec de son
activité, une remise en cause de son savoir-faire, il va devoir
prendre du temps sur son activité pour se défendre et il se pose
des questions sur sa prise en charge par son assurance et les
conséquences.

1) La prime.

Pour commencer : la prime d’assurance et son augmentation
faramineuse en quelques années (un facteur de 30 en 20 ans). Il y
a 20 ans, le cout de la prime d’assurance n’inquiétait pas le jeune
neurochirurgien qui s’installait. Mais aujourd’hui comment payer
cash une prime de 26000 € dès le 1° jour de son activité ?
Nombre d’assurances refusent l’étalement des primes et sa
mensualisation. Bien sur les indemnisations sont plus couteuses,
les mises en cause plus nombreuses… Cependant je ne suis pas
certain que ces tarifs reflètent réellement le cout de la prise en
charge. Il y a une opacité de la part des assureurs sur les tarifs.
Nos rapports avec les assureurs sont pleins d’ambiguïté. Nous
avons tous connu une résiliation de fin d’année sans autre
explication et la galère pour retrouver une autre couverture. Avec
une prime aussi élevée l’assuré peut s’attendre à une prise en
charge « VIP », c’est souvent le contraire avec une certaine
stigmatisation qui renforce le sentiment de culpabilité. Mes
propositions aux assureurs :
- De la transparence dans vos tarifs.
- Un étalement des primes comme pour n’importe quel autre
contrat.
- Une garantie de la prise en charge sur la durée.
- Un véritable soutien (psychologique et matériel) du
chirurgien qui est en difficulté.
- Une collaboration avec les chirurgiens pour étudier les voies
d’amélioration (analyse de la sinistralité réelle, comment la
diminuer, accréditation, DPC, observatoire de la spécialité…)

2) Les neurochirurgiens

Nous devons aussi balayer devant notre porte. Nous
n’échapperons pas aux mises en cause c’est une évolution de
notre société et nous ne pourrons rien faire pour l’éviter. En
dehors d’une faute caractérisée et indiscutable, dans la majorité
des dossiers notre geste chirurgical n’est pas remis en cause.
Nous ne sommes pas si mauvais. Les critiques qui nous sont faites
tournent surtout sur la qualité de la prise en charge, notre
relationnel avec le patient et sa famille, et la tenue du dossier. Il y
a des choses que l’on ne nous apprend pas à la faculté car nos
enseignants ne connaissent pas le problème. Nous devons
répondre aux exigences des autorités de tutelle : Réunion de
Concertation Pluridisciplinaire, Revue de Morbi-Mortalité,
accréditation. C’est une contrainte mais elle nous permet de
réfléchir sur notre activité et souvent d’y apporter des
améliorations pour notre confort personnel et pour la sécurité des
patients.

3) Les experts

Il y a un vrai problème avec les experts surtout quand ils n’ont
qu’une activité hospitalière publique. Ils ne connaissent pas
l’activité libérale, il y a des phantasmes sur l’activité
« pléthorique », sur les indications opératoires, sur la qualité du
plateau technique. Le résultat de l’expertise vaut souvent
jugement, il est totalement anormal que certains experts
acceptent des dossiers sur des pathologies qu’ils ne traitent
jamais. Il y a une régulation à mettre en place à ce sujet, cela peut
passer par la Société Française de Neurochirurgie mais aussi par
l’augmentation du nombre d’experts neurochirurgiens avec une
proportion plus grande de libéraux puisque les mises en cause sont
plus nombreuses pour eux.

On nous l’avait dit nous ne l’avons pas cru et nous l’avons subi. La
société change et elle modifie profondément notre activité par ce
questionnement sur notre art chirurgical. Nous devons réagir et
prendre en mains nous-mêmes ce problème. Il y a des pistes
d’amélioration il faut les explorer et cela nous concerne tous
quelque soit notre pratique publique ou libérale.

JL. Barat