Edito Président SFNC

Présider la SFNC est pour moi un grand honneur. Les quelques tracas qui ont jalonné ma carrière sont oubliés et ne me laissent aucune amertume. Ils m’ont dans un sens permis d’avancer dans des pans de notre activité qu’on a voulu par trop marginaliser et qui sont devenus au fil des ans des chapitres importants de notre discipline : la neurotraumatologie crânienne, rachidienne et nerveuse périphérique, la chirurgie du rachis dégénératif et tumoral, la chirurgie des nerfs périphériques. Il n’y a pas de neurochirurgie « noble » et le reste. L’unité de notre discipline passe par le respect des autres et le regroupement de nos forces. Luttons contre la division des sites et travaillons ensemble. Nous en avons plus que jamais besoin.

L’élection à la présidence est pour moi une reconnaissance et témoigne de la largesse d’esprit de la famille neurochirurgicale dans laquelle je me sens certes tardivement mais enfin bien à ma place depuis plusieurs années.

Ce statut de président est certes pour part honorifique mais aussi politique pour nos institutions. Avant de résumer dans cet éditorial introductif à mon mandat les buts que je me suis fixés, je voudrais remercier ceux qui m’ont introduit dans notre sphère. J’en oublierai sûrement et qu’ils me le pardonnent. Ma carrière a été jalonnée par des « passants non ordinaires » qui ont à jamais une grande place dans ma mémoire.

Ma grande sœur Françoise Lapierre m’a très tôt fait prendre confiance. Dans des moments de doute elle a toujours fait preuve d’une disponibilité, d’une écoute permanente et m’a toujours aidé à maintenir le cap. Elle fut la première à me demander mon avis sur des problèmes ponctuels de neurochirurgie nerveuse périphérique, légitimant ainsi mes efforts dans ce domaine parfois un peu trop méprisé. Ses qualités professionnelles et humaines ne sont plus à démontrer. Chacun la connaît et l’apprécie. Elle fut la première Présidente de notre Société, a dirigé efficacement le CNU et a montré son pouvoir fédérateur. Elle sait aussi vaincre des difficultés qu’elle a rencontrées mais qui s’en est aperçu puisqu’elle ne parle que des autres ? Elle est pour moi l’amie de toujours et tout simplement une très grande dame. M’étendre davantage à son propos la rendrait mal à l’aise.

Jean Paul Chirossel et les membres du bureau de la SFNCR m’avaient permis en 1995 d’organiser mon premier vrai Congrès et m’ont sorti de ma coquille nantaise. Il m’ont fait comprendre qu’une expérience devait servir aux autres et m’ont ouvert les portes en matière de contribution au développement des techniques de neurochirurgie rachidienne.

Jacques Brunon m’a aussi pris sous son aile et nos nombreux cours communs à travers le monde m’ont permis d’apprécier l’homme de cœur qui se cache parfois sous son armure pouvant de prime abord apparaître épineuse. Il fait ce qu’il dit, il dit ce qu’il fait, sans détour. Son engagement syndical en est aussi l’exemple. Le livre blanc récemment publié dans la Lettre, nonobstant quelques inexactitudes lui conférant une dimension humaine, restera un point de référence historique, une photographie de la Neurochirurgie actuelle.

Je salue la qualité de l’équipe précédente, en partie renouvelée au sein du bureau, sous la Présidence de mon ami Bernard Irthum, Président sobre dans ses propos, efficace, droit, sans emphase. Sa sagesse et la profondeur de ses réflexions me serviront de modèle.

Merci aux membres du CSA qui ont accepté cette rude tâche : aux « anciens » d’abord qui ont déjà prouvé leur efficacité : Philippe Paquis qui mène avec grande efficacité la redoutable fonction de Secrétaire. Sa parfaite connaissance de tous les dossiers et son esprit prévisionnel m impressionnent. Benoit Bataille qui met entre autres un ordre nécessaire au dédale de l’annuaire, Pierre Kehrli qui stimule et encadre nos jeunes collaborateurs, Isabelle Pelissou Guyotat qui va enfin parvenir avec l’aide ô combien précieuse de Jean Jacques Moreau et de son équipe à appliquer le lien informatique nécessaire à l’amélioration de nos différents échanges. Merci aux nouveaux venus au bureau : jean Paul NGuyen, vice Président que j’aurai bientôt le plaisir je l’espère d’accueillir à Nantes à la satisfaction générale, Gilles Brassier, mon « élève » d’avant l’internat et surtout mon ami qui se forme activement pour reprendre dans deux ans le flambeau du secrétariat avec la bienveillance avisée de Philippe Paquis, Gilles dont les qualités professionnelles et humaines font mon admiration, Fabrice Parker qui reprend avec le sérieux qu’on lui connait le travail formidable effectué par Michel Zerah. Perfectionniste dans l’âme, d’une rigueur fabuleuse, Michel est tellement incontournable qu’il a du accepter sur nos vifs encouragements de continuer à œuvrer avec nous dans les relations internationales, les accréditations, l’application prochaine de l’EPP entre autres, Jean Destandau enfin qui va représenter les neurochirurgiens libéraux à la suite de Bruno Frank, à une période où une vigilance particulière s’impose pour maintenir et développer un mode d’exercice toujours menacé.

Au cours de mon mandat, mes objectifs seront simples :

- Coordonner dans le respect les activités des différentes composantes de la neurochirurgie. Notre discipline est variée et complexe. Les clubs et sociétés spécialisées sont nécessaires mais chacun doit comprendre que le bénéfice global est à la fois de fructifier nos connaissances pointues, de les divulguer dans la littérature et de veiller à nos frontières menacées dans différents domaines.
- Optimiser nos rencontres en en réduisant le nombre et en nous regroupant. C’est à la fois un moyen de pérenniser l’aide de nos sponsors parfois déçus par le faible taux de participants et de mieux apprécier la diversité de nos actions. A cette fin, avec Jean Chazal, nous avons invité les membres des bureaux pour une séance de discussion le 26 novembre prochain.
- Poursuivre les efforts de formation, d’intégration et de motivation de nos jeunes collègues. Je proposerai dans cet esprit l’entrée des chefs de clinique et des DES dans le bureau.
- Veiller à l’application optimale et rationnelle des mesures ministérielles en cours de rédaction. Les nombreuses rencontres se terminent. Des amendements aux propositions exorbitantes de départ ont été acceptés. Des points précis sont encore à l’étude mais globalement nos interlocutrices au Ministère sont des femmes d’écoute et de bonne volonté à notre égard. Nous resterons fermes et attentifs.
- Développer enfin les informations pour nos patients et les guides de bonnes pratiques. Certains se sont déjà mis au travail dans ce sens et je les en remercie. Un important travail reste à faire et j’y veillerai.

Merci de m’avoir fait confiance par votre vote.

Je ferai tout pour en être digne.